Formation en multimédia à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre du projet CAFTIC

Par la Chaire UNESCO-Bell en communication et développement international, UQAM

Résumé

Suite à la demande de la Côte d’Ivoire au sommet de la Francophonie pour la création d’une école de technologies de l’information en Afrique francophone de l’Ouest et, compte tenu du plan de financement établi par les pays donateurs et l’aide multilatérale de la francophonie, la Chaire UNESCO-Bell de l’université du Québec a soumis à l’ISTC une offre de services pour la réalisation de ce projet.

De nombreuses consultations ont eu lieu entre l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC) et l’UQAM au sujet de ce projet et, suite à la venue de Madame la Ministre de la communication de Côte d’Ivoire, l’ISTC a signé avec l’UQAM un protocole d’assistance et d’échange entre les deux institutions.

L’UQAM a une assez longue expérience dans la formation en NTIC, puisqu’elle offre une formation de premier cycle depuis 3 ans au niveau du Baccalauréat en communications (options NTIC) et de deuxième cycle (maîtrise en communications, option multimédia). L’université fait fonctionner plusieurs laboratoires d’enseignement et de recherche et a un corps professoral composé de chargés de cours et d’enseignants réguliers compétents.

Article complet

  1. Financement
  2. Concept pédagogique
  3. Un projet en trois points

1. Financement

  • pour le matériel (achat, expédition, installation) : l’Agence canadienne de développement international (ACDI);
  • pour la formation des formateurs : le Gouvernement du Québec, Ministère des Relations internationales (MRI);
  • pour la formation et l’appui institutionnel : l’Agence de la Francophonie, Fonds Francophone des Inforoutes.

2. Concept pédagogique

Il est important de souligner qu’avant d’être un échange de connaissances et de matériel informatique, le projet CAFTIC est avant tout un concept pédagogique.

Selon le rapport de Tecsult-EduPlus, le CAFTIC s’apprête à recevoir au plus 60 étudiants par année, soit une trentaine d’étudiants par classe. L’expertise pédagogique apportée par l’UQAM préconise davantage une approche théorique de formation, par opposition à un apprentissage relié à la maîtrise d’outils spécifiques, comme les logiciels. Il est aussi apparu que, comme les disciplines reliées à l’interactivité et aux systèmes d’information sont extrêmement dynamiques, les échanges entre étudiants et enseignants sont particulièrement souhaitables.

3. Un projet en trois points

  • Premier point: le matériel
  • Deuxième point: la formation de formateurs
  • Troisième point: appui institutionnel de l’UQAM à l’ISTC

Premier point: le matériel

  • Valider la configuration des équipements informatiques, logiciels et aménagement des locaux, en fonction de la formation à prévoir;
  • Acheter et envoyer les équipements puis les installer et les mettre en réseau au CAFTIC;
  • Former un technicien d’entretien en Côte d’Ivoire.
Recommandations :
i. Préparation logistique au CAFTIC

Préalablement à l’envoi du matériel à Abidjan, il est d’une importance capitale que soit fait un plan d’aménagement, réalisé par un spécialiste en aménagement, avec le support d’un conseiller technique. Certaines opérations, comme l’alimentation électrique protégée et la connexion au réseau Internet, devront être complétées avant l’envoi d’un technicien qui fera l’installation du matériel sur place.

ii. Préparation du matériel avant livraison

Il est de loin préférable de pré-installer et de pré-configurer tout le matériel avant son envoi à Abidjan. Cette procédure a plusieurs avantages. Elle permet de s’assurer du bon fonctionnement de chacune des pièces, elle facilite le support auprès du fabricant ainsi que l’échange de pièces défectueuses. Elle permet aussi de répondre plus rapidement en cas d’ajustement causé par certaines contingences (pièces discontinuées, incompatibilités, etc.).

iii. Installation

L’installation sur place devra être préparée minutieusement afin de rendre l’opération la plus simple possible, idéalement la réduire à du branchement suivi d’une série de tests. Il serait nécessaire qu’au moins une des personnes ayant participé à la préparation soit présente lors de l’installation.

Deuxième point: la formation de formateurs

Session de formation de formateurs au laboratoire de technologies interactives de l’Université du Québec à Montréal, du 3 juin au 20 août 1999 de 3 étudiants ivoiriens du CAFTIC.

Description de la formation

Cette formation, qui s’adresse tout spécialement aux formateurs du CAFTIC, est orientée vers la création et la production de contenus en multimédia interactif. Les participants à cette formation devront pouvoir développer un regard global sur la réalisation de multimédias interactifs et en même temps acquérir des habiletés instrumentales spécifiques aux différents secteurs de création.

Cette séquence de cours-ateliers comporte quatre axes :

Visionnements, analyses et discussions autour du multimédia interactif afin d’établir un langage commun. Analyse en groupe de productions sous forme de CD-ROM, sites WEB, installations et performances.

Prises de contacts avec les technologies numériques pertinentes [infrastructures technologiques (matériel et systèmes), infographie, audiographie, vidéo numérique, éditique, interactivité et programmation]

Introduction aux étapes de production [conception, scénarisation, captation, traitement, intégration] ;
Réalisation d’une production finale prenant la forme d’un site WEB.

Les séances de visionnement critiques des exercices et des travaux pratiques effectués à partir d’un ensemble de consignes seront l’occasion de développements esthétiques, méthodologiques et instrumentaux (technologiques).
Objectifs généraux

L’apprenant sera d’abord appelé à saisir les différences entre les productions-média linéaires et non-linéaires. L’interactivité sera présentée comme un facteur structurant de conception et de design au sein des nouveau médias. Tout au long de cette session de trois mois, l’apprenant sera appelé à expérimenter et à se questionner sur les nouvelles façons de ´ représenter ª avec les technologies numériques interactives. Les exercices lui permettront d’appréhender le multimédia interactif en tant que langage médiatique en émergence, à la fois spécifique et composite, où le ´messageª est remplacé par la mise en place d’un ´universª signifiant et transactionnel et où les parcours pluriels dans des espaces sensoriels de synthèse ont remplacé la narrativité.

Troisième point : appui institutionnel de l’UQAM à l’ISTC

Il est indispensable de prévoir un certain nombre de missions, tant pour l’installation du matériel en Côte d’Ivoire (matériels et logiciels achetés par l’UQAM mais payés par l’ACDI), la mise en marche des laboratoires et de la formation, l’évaluation de la première année de fonctionnement et la poursuite des opérations.

Première mission: une mission technique de courte durée dont le but serait :
  • Installer le matériel, les logiciels et les réseaux pour la mise en place des laboratoires de formation à Abidjan;
  • Vérifier le bon fonctionnement des appareils et des logiciels;
  • Procéder aux premiers tests.

Deuxième mission: une mission technique et pédagogique, en septembre (ou octobre) dont le but serait :

  • Voir à ce que les équipements techniques, les locaux et les procédures d’opération soient fonctionnels;
  • Déterminer avec les formateurs les procédures d’ateliers de courte et de moyenne durée;
  • Superviser les premières formations offertes par le CAFTIC;
  • Mettre au point un site Internet de suivi de l’expérience entre l’UQAM et l’ISTC et établir la communication UQAM-ISTC.

Troisième mission : une mission d’évaluation générale, comportant l’évaluation

  • du fonctionnement de la première année d’utilisation des laboratoires de formation multimédia;
  • de la valeur du concept pédagogique mis en place;
  • de la formation donnée et de la clientèle touchée;
  • des cours et des formations dispensées à l’ISTC;
  • de la nécessité de poursuivre la formation des formateurs, etc.

Quatrième mission : la mise au point de la deuxième année de formation et la poursuite de la formation des formateurs